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Le dictateur.

Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs.

Nous voudrions tous nous aider, les êtres humains sont ainsi. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas le malheur. Nous ne voulons ni haïr ni humilier personne. Dans ce monde, chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche pour nourrir tout le monde. Nous pourrions tous avoir une belle vie libre mais nous avons perdu le chemin.

L’avidité a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour finir enfermés. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent néanmoins insatisfaits. Notre savoir nous a rendu cyniques, notre intelligence inhumains.

Nous pensons beaucoup trop et ne ressentons pas assez. Etant trop mécanisés, nous manquons d’humanité. Etant trop cultivés, nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités, la vie n’est plus que violence et tout est perdu. Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Dimanche.

Je ne sais plus ce que c’est ; un dimanche.

Je me souviens que souvent il suivait une nuit agitée ; une nuit blanche.

On se réveillait comme on pouvait, les yeux collés, encore un peu éméché, et un sacré mal de tronche.

« Elle était plus jolie, cette nuit.. »

On partait à la recherche d’un point d’eau…et d’un bon gros McDo.

Et puis, l’après-midi, les plus braves allaient se balader, pendant que les autres restaient alités devant leur nouvelle série préférée.

Ensuite venait la soirée. On checkait le programme TV. 

C’était soit tout, soit rien.

Et on pensait au lendemain, en allant se coucher.

Je ne sais plus ce que c’est ; un dimanche.

J’ai oublié.

Belote.

C’est apaisant de regarder des carreaux. On les compte, on les recompte, certains n’ont pas la même couleur. Ils sont plutôt froids en cette période de l’année.

On s’attarde sur les séparations en passant le pouce le long du joint. On se rend compte alors que quelques-uns sont un peu plus hauts, ou bien un peu plus bas que d’autres.

On pense pouvoir y apercevoir son reflet, mais ce ne sont généralement que des jeux d’ombres et de lumière ; peut-être une silhouette entière.

Cependant, si on s’en approche assez, on peut imaginer des univers entiers.

Charade, camarade.

Mourir étouffé dans mon premier serait la plus belle des fins pour beaucoup d’hommes.

La clairette de mon second est une véritable traîtresse.

Mon troisième s’apparente à une espèce socialement désespérée.

Mon tout semble très partagé, entre lutte finale et fin de la lutte.

Mais le copinage a ses avantages.